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    Comment faire un archivage électronique ? Méthode en 6 étapes

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    Factures, contrats, bulletins de paie, e-mails à valeur d’engagement : les organisations produisent et reçoivent un volume croissant de documents numériques qu’il faut conserver de façon sûre, conforme et accessible. Mais faire un archivage électronique ne se résume pas à déposer des fichiers sur un disque ou un cloud bureautique. C’est une véritable démarche projet, qui touche l’organisation, le juridique et la technique. Cet article détaille la méthode en 6 étapes pour mettre en place un archivage électronique fiable, du cadrage du périmètre jusqu’au suivi dans le temps, en intégrant les normes et le cadre légal qui conditionnent la valeur probante de vos documents.

    Qu’est-ce que l’archivage électronique ?

    L’archivage électronique consiste à conserver des documents numériques dans un système organisé et sécurisé, de façon à garantir leur intégrité, leur traçabilité, leur pérennité et leur accessibilité dans la durée. Il se distingue du simple stockage : un document archivé est figé (il ne peut plus être modifié) et conserve sa valeur de preuve.

    C’est précisément cet enjeu de preuve qui structure tout projet d’archivage. En droit français, l’écrit électronique a la même force probante que l’écrit papier, à condition que la personne dont il émane soit dûment identifiée et que le document soit établi et conservé dans des conditions garantissant son intégrité (article 1366 du Code civil). Un archivage électronique bien conçu vise donc à réunir, dans le temps, ces conditions d’identification et d’intégrité.

    Archivage électronique, GED ou coffre-fort numérique : quelles différences ?

    Trois outils sont souvent confondus, alors qu’ils répondent à des besoins distincts :

    • La GED (gestion électronique des documents) gère les documents vivants du quotidien,
    • Le coffre-fort numérique conserve des documents scellés et renforce leur valeur probatoire,
    • Le système d’archivage électronique (SAE) sécurise juridiquement les documents figés et préserve leur valeur probante.

    Ils sont complémentaires et fonctionnent fréquemment ensemble.

    Outil Finalité principale Valeur probante Usage type
    GED (gestion électronique des documents)  Centraliser, organiser et faciliter l’accès aux documents manipulés au quotidien Non conçue pour garantir l’intégrité probante Documents actifs, collaboration, workflows
    Coffre-fort numérique  Conserver des documents scellés dans un espace sécurisé  Renforce la valeur probatoire via des garanties techniques et organisationnelles, sans la conférer automatiquement (norme NF Z 42-020) Brique d’un SAE ou service de dépôt sécurisé
    SAE (système d’archivage électronique)  Conserver des documents figés en garantissant intégrité, traçabilité et pérennité  Cadre le plus complet pour démontrer l’intégrité, la traçabilité et la conformité de conservation dans le temps (norme NF Z 42-013)  Documents engageants à conserver sur le long terme

     

    Ce qu’il faut retenir
    La GED facilite le travail sur les documents au sein de l’organisation, le SAE en sécurise la conservation. Pour aller plus loin sur la gestion documentaire courante, nous vous recommandons notre page dédiée à la gestion électronique des documents (GED). La suite de cet article se concentre sur la mise en place de l’archivage proprement dit.

    💡 Bon à savoir : le CFN certifié ne “donne” pas automatiquement une valeur probatoire absolue au document. Il fournit des garanties techniques et organisationnelles qui permettent de soutenir sa valeur probatoire. Le coffre-fort numérique certifié renforce la valeur probatoire des documents conservés, sans se substituer à l’appréciation du juge en cas de contestation. Le SAE ne rend pas la preuve automatique, mais il apporte un cadre plus complet que le CFN pour démontrer l’intégrité, la traçabilité et la conformité de conservation d’un document sur toute sa durée de vie.

    Les 6 étapes pour mettre en place un archivage électronique

    Mettre en place un archivage électronique se conduit comme un projet structuré. Voici les 6 étapes à suivre :

    Cadrer le projet
    Définir le périmètre documentaire et l’environnement juridique.
    Inventorier et classer 
    Établir le référentiel de conservation, les durées et le plan de classement.
    Formaliser 
    Rédiger le cahier des charges et la politique d’archivage.
    Choisir la solution 
    Arbitrer entre archivage interne et externalisé.
    Déployer 
    Numériser, verser les documents et accompagner le changement.
    Gérer dans le temps
    Assurer traçabilité, migrations et audits de conformité.

    Chaque étape est détaillée ci-dessous ⬇️

    Étape 1. Cadrer le projet : périmètre et environnement juridique

    Tout projet d’archivage électronique commence par une étude d’opportunité. Il s’agit de répondre à trois questions :

    • Quels documents archiver ?
    • Pour quelle durée ?
    • Avec quel niveau d’exigence juridique ?

    On dresse la liste des typologies concernées (factures, contrats, RH, courriers, e-mails engageants, données métier…), on estime la volumétrie, et surtout on qualifie la valeur juridique de chaque type de document.

    Cette qualification est déterminante car elle conditionne le niveau de conformité visé. Pour les documents engageants, l’objectif est de préserver leur valeur probante : un système d’archivage électronique (SAE) qualifié est alors requis, conforme à la norme NF Z 42-013, qui définit les exigences fonctionnelles, organisationnelles et d’infrastructure d’un SAE. C’est précisément la fonction d’un logiciel d’archivage comme Xelians Archives Management.

    📌 À l’issue de cette étape, vous disposez d’un périmètre clair et d’une cartographie des contraintes légales et réglementaires applicables à vos documents.

    Étape 2. Inventorier et classer : référentiel, durées et arborescence

    Cette étape transforme le périmètre en règles concrètes de gestion. Elle s’appuie sur la notion de cycle de vie du document, qui distingue trois âges :

    • Les archives courantes : dossiers vivants, utilisés au quotidien ;
    • Les archives intermédiaires : dossiers clos, conservés pour des raisons juridiques ou de gestion ;
    • Les archives définitives : documents conservés sans limitation de durée pour leur valeur patrimoniale, historique ou juridique.

    À chaque typologie, on associe deux paramètres clés. La durée d’utilité administrative (DUA) correspond à la période pendant laquelle le document doit être conservé ; au terme de cette durée s’applique le sort final (élimination, conservation définitive, ou tri). Ces règles sont consignées dans un tableau de gestion, document de référence du projet.

    Type de document DUA (durée de conservation)  Sort final 
    Pièces comptables et justificatives  10 ans (Code de commerce, art. L123-22) Élimination
    Contrat  Durée du contrat, puis délai de prescription applicable  Élimination ou conservation 
    Document à valeur patrimoniale  Sans limitation  Conservation définitive 

     

    💡 Bon à savoir : les durées exactes dépendent de chaque typologie et des textes en vigueur. Pour les recenser, un guide pratique des durées de conservation constitue un point de départ utile avant de bâtir votre tableau de gestion.

    Vient ensuite le plan de classement (ou arborescence), qui détermine où et comment chaque document est rangé. Quelques bonnes pratiques :

    • Structurer l’arborescence par logique métier (activité, processus) plutôt que par personne ;
    • Limiter la profondeur des niveaux pour préserver la lisibilité ;
    • Adopter une convention de nommage stable et explicite ;
    • Prévoir les métadonnées d’indexation (type, date, émetteur, DUA, sort final), qui rendent les documents retrouvables et pilotables.

    Un plan de classement clair et des métadonnées bien pensées sont ce qui distingue un archivage exploitable d’un simple entrepôt de fichiers.

    Étape 3. Formaliser : cahier des charges et politique d’archivage

    Une fois les règles de gestion établies, deux documents structurants formalisent le projet.

    Le cahier des charges traduit vos besoins en exigences vérifiables. Il couvre généralement :

    • Le volet fonctionnel : versement, conservation, recherche, restitution, élimination, réversibilité ;
    • Le volet normatif : niveau de conformité visé (NF Z 42-020, NF Z 42-013, et NF Z 42-026 si numérisation) ;
    • Le volet organisationnel : rôles, responsabilités, procédures ;
    • Le volet sécurité : contrôle des accès, traçabilité, chiffrement, sauvegarde ;
    • Le volet hébergement : interne ou externalisé, localisation des données, souveraineté.

    La politique d’archivage électronique, quant à elle, est le document de référence qui fixe les règles applicables à l’ensemble de l’organisation : périmètre, durées de conservation, règles de sécurité, responsabilités, modalités de communication et d’élimination. C’est elle qui garantit la cohérence et la pérennité du dispositif au-delà des personnes qui l’ont conçu.

    Ces deux livrables conditionnent la réussite des étapes suivantes : sans cahier des charges précis, le choix de la solution se fait à l’aveugle.

    💡 Bon à savoir : le logiciel d’archivage Xelians Archives Management stocke les données en France pour une meilleure souveraineté des données archivées.

     

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    Étape 4. Choisir la solution : archivage interne ou externalisé ?

    Le choix structurant de tout projet est celui du mode d’hébergement : gérer son archivage en interne ou le confier à un prestataire. Aucune option n’est meilleure dans l’absolu ; la décision dépend de vos ressources, de vos volumes et de votre niveau d’exigence réglementaire.

      • L’archivage interne offre un contrôle direct, mais suppose des compétences pointues (archivistique, sécurité, conformité), un matériel à maintenir et une vigilance permanente sur les migrations et l’obsolescence technologique.
    • L’externalisation auprès d’un tiers-archiveur transfère cette charge à un spécialiste, généralement certifié, en contrepartie d’une dépendance contractuelle qu’il faut encadrer (notamment la réversibilité, c’est-à-dire la capacité à récupérer vos archives en cas de changement de prestataire).

    Quelle que soit l’option, plusieurs critères de sélection méritent d’être vérifiés :

    • La conformité normative : le SAE est-il conçu selon la norme NF Z 42-013 ?
    • La certification : dispose-t-il de la marque NF 461, qui atteste de cette conformité ?
    • La sécurité et la localisation des données : hébergement, souveraineté, certifications complémentaires (ISO 27001, HDS pour les données de santé) ;
    • La réversibilité et l’interopérabilité : formats ouverts, capacité d’export ;
    • La pérennité du prestataire : un archivage s’inscrit sur le long terme.

    C’est souvent à ce stade que la complexité d’une mise en œuvre conforme devient tangible, en particulier lorsqu’il faut raccorder l’archivage aux applications métier existantes. Se faire accompagner pour intégrer une chaîne GED-SAE conforme permet de sécuriser ces choix techniques et d’éviter les impasses de conception.

     

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    Étape 5. Déployer : numérisation, versement et conduite du changement 

    Le déploiement transforme les décisions en système opérationnel. Trois chantiers se combinent. 

    La numérisation des fonds papier (si nécessaire)  

    Pour qu’un document numérisé puisse remplacer son original papier, il doit constituer une copie fiable au sens de l’article 1379 du Code civil. Cela suppose une numérisation fidèle, encadrée par la norme NF Z 42-026, qui définit les exigences pour produire une reproduction conforme du document d’origine. Point essentiel souvent négligé : la fidélité de la numérisation ne suffit pas à elle seule ; la durabilité et l’intégrité dans le temps, qui font la copie fiable, supposent en complément un archivage conforme à NF Z 42-013. La chaîne complète (numérisation fidèle puis dépôt dans un SAE) est ce qui sécurise juridiquement la destruction des originaux. 

    Le versement des documents numériques natifs 

    Les documents produits par vos applications métier (facturation, RH, comptabilité…) doivent être acheminés vers le SAE. Cela passe généralement par des connecteurs ou un outil de versement (c’est par exemple le rôle d’un module comme Xelians Data Hub) qui automatise le transfert et l’application des règles de conservation. 

    La conduite du changement 

    Un archivage électronique modifie les habitudes de travail : nouveaux réflexes de classement, responsabilités redistribuées, gouvernance à installer. Former les équipes et désigner des référents est déterminant pour l’adoption réelle du dispositif. 

    Étape 6. Gérer dans le temps : traçabilité, migrations et audits

    Un archivage électronique n’est pas un projet « one shot » : il se pilote dans la durée. Plusieurs dimensions assurent sa fiabilité au fil des ans :

    • La traçabilité : chaque opération (versement, consultation, élimination) est journalisée dans une piste d’audit, qui documente l’intégrité du système et constitue un appui en cas de contrôle ou de litige.
    • La pérennité des formats : les formats de fichiers évoluent et deviennent obsolètes. Il faut anticiper les migrations vers des formats pérennes (PDF/A, par exemple) sans altérer le contenu. Le modèle de référence OAIS (ISO 14721) décrit précisément ces principes de conservation à long terme.
    • Les audits de conformité : la conformité d’un SAE se vérifie périodiquement, d’autant que les normes et le cadre réglementaire évoluent (la norme NF Z 42-013 a par exemple été révisée en 2020, la NF Z 42-026 en 2023).
    • La réversibilité : conserver à tout moment la capacité de récupérer et de réexploiter vos archives indépendamment de la solution en place.

    👉 C’est cette gestion continue qui garantit que vos documents resteront lisibles, intègres et opposables tout au long de leur durée de conservation.

    Pour faire un archivage électronique : la méthode précède l’outil

    Faire un archivage électronique fiable, ce n’est pas choisir un outil, mais conduire une démarche structurée : cadrer le périmètre et l’environnement juridique, inventorier et classer les documents, formaliser un cahier des charges et une politique d’archivage, choisir la bonne solution, déployer, puis gérer le système dans la durée. C’est cette méthode qui garantit des documents lisibles, intègres et opposables tout au long de leur cycle de vie.

    La réussite tient souvent à la qualité de la conception initiale et au raccordement avec vos applications métier.
    👉 Pour sécuriser ces choix et déployer une chaîne GED-SAE conforme, l’accompagnement d’un spécialiste de la gestion documentaire peut faire la différence entre un projet qui aboutit et un système difficile à maintenir.

     

    Parler à un expert archivistique

    FAQ : archivage électronique

    L’archivage électronique revient-il moins cher que le papier ?

    Pas immédiatement, mais sur la durée, oui, le plus souvent. L’archivage électronique demande un investissement de départ (solution, paramétrage, reprise de l’existant, formation), là où le papier a un coût récurrent, diffus mais réel : location de mètres linéaires, manipulation, temps de recherche, impression. L’archivage électronique devient avantageux dès lors que les volumes et les durées de conservation sont importants, le point d’équilibre dépend de chaque organisation.

    Quels sont les risques d’un archivage 100 % numérique ?

    Les principaux sont la cyberattaque, la perte de données et l’obsolescence des formats dans le temps. Ils ne s’éliminent pas, mais se maîtrisent : sauvegardes redondantes, chiffrement, hébergement sécurisé, formats pérennes et recours à un prestataire certifié (par exemple ISO 27001). Un risque plus discret est la dépendance au prestataire : d’où l’importance de vérifier la réversibilité (la capacité à récupérer ses archives dans un format exploitable) avant de s’engager.

    Faut-il tout numériser et jeter le papier ?

    Non. Certains originaux conservent une valeur juridique propre et certains documents doivent pouvoir être présentés sous forme physique. La plupart des organisations fonctionnent en mode hybride : le numérique pour l’exploitation courante et la majorité du fonds, le papier pour les originaux sensibles, souvent externalisés auprès d’un tiers-archiveur. L’enjeu n’est pas de tout basculer, mais de traiter chaque type de document au bon endroit.

    L’archivage électronique est-il pertinent pour une petite structure ?

    Oui, à condition de dimensionner la solution. Une TPE n’a pas les mêmes besoins qu’un grand groupe, mais elle est soumise aux mêmes obligations de conservation et à la même généralisation de la facturation électronique. Des solutions existent à différentes échelles ; l’important est de choisir un dispositif à valeur probante plutôt qu’un simple stockage, pour ne pas avoir à tout reprendre plus tard.

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