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    Archivage électronique qualifié et eIDAS v2 : comment préserver la valeur probante de vos documents ?

    Archivage électronique qualifié et eIDAS v2 : comment préserver la valeur probante de vos documents ?

    Avec le règlement eIDAS v2, l’archivage électronique franchit une nouvelle étape.

    L’enjeu n’est plus seulement de conserver un document numérique dans un système sécurisé, mais de préserver dans le temps sa lisibilité, son intégrité, et, lorsqu’il est signé électroniquement, la preuve du consentement associé.

    👉 Pour les organisations, cette évolution transforme l’archivage en véritable maillon de la confiance numérique européenne.

    Pourquoi eIDAS v2 change la donne pour l’archivage électronique

    eIDAS, pour electronic IDentification, Authentication and trust Services, est le règlement européen qui encadre l’identification électronique et les services de confiance. Sa première version a structuré les usages de la signature électronique, du cachet électronique, de l’horodatage ou encore de l’envoi recommandé électronique.

    Avec eIDAS v2, le cadre s’élargit. Le règlement introduit notamment le portefeuille européen d’identité numérique (EUDI Wallet), de nouveaux services de confiance et un service d’archivage électronique qualifié.

    👉 Pour les entreprises et les acteurs publics, la question devient donc stratégique : comment démontrer, plusieurs années après la signature d’un contrat, d’un acte ou d’un dossier engageant, que le document n’a pas été altéré, qu’il reste lisible et que son origine peut être établie ?

    CEN/TS 18170 : le socle fonctionnel européen de l’archivage électronique

    La spécification technique CEN/TS1 18170 joue un rôle central dans la mise en œuvre du service d’archivage électronique qualifié. Elle définit les exigences fonctionnelles applicables aux services d’archivage électronique, notamment pour la réception, le stockage, la récupération, la suppression, la durabilité, la lisibilité, l’intégrité, la confidentialité et la preuve de l’origine des documents.

    Cette spécification s’inscrit dans la continuité des pratiques françaises d’archivage électronique, tout en les projetant dans un cadre européen harmonisé. Elle permet de rapprocher les exigences historiques de conservation probante, de traçabilité et de gestion des formats avec les exigences de cybersécurité et de qualification propres aux services de confiance.

    Une évolution majeure : préserver la preuve, pas seulement le document

    L’apport le plus important d’eIDAS v2 concerne les documents signés électroniquement. Jusqu’à présent, l’archivage électronique visait principalement à garantir l’intégrité du document archivé.

    Avec eIDAS v2, l’enjeu va plus loin : il s’agit de préserver la preuve de consentement associée au document signé.

    Autrement dit, il ne suffit plus de démontrer que le fichier n’a pas été modifié. Il faut être capable de démontrer qui a signé quoi, à quel moment, avec quel niveau de confiance et dans quelles conditions, même si les technologies utilisées au moment de la signature deviennent obsolètes.

    Cette évolution est décisive. Une signature manuscrite apposée sur un support physique reste directement visible dans le temps.

    Une signature électronique, elle, dépend de composants techniques : certificats, chaînes de validation, algorithmes cryptographiques, horodatages, formats de signature. Ces éléments doivent être conservés, vérifiés et, lorsque nécessaire, maintenus dans le temps.

    Wallet européen, signature qualifiée et montée en volume des documents engageants

    Le développement du portefeuille européen d’identité numérique devrait accélérer l’usage des signatures électroniques qualifiées. Aujourd’hui, ces signatures restent concentrées sur des usages professionnels ou réglementés, en raison de leur coût et de leur complexité d’utilisation.

    Demain, l’identité numérique européenne et les parcours d’identification à distance pourraient simplifier leur utilisation et ainsi faciliter leur adoption à grande échelle.

    Cette démocratisation aura une conséquence directe : les organisations devront conserver davantage de documents signés à haut niveau de confiance.

    Contrats, souscriptions, démarches administratives, actes engageants, échanges interentreprises : tous ces documents devront rester probants bien au-delà de la durée de validité des technologies utilisées au moment de leur création.

    👉 L’archivage électronique qualifié devient ainsi un maillon clé de la chaîne de confiance numérique : identification, signature, horodatage, conservation et restitution probante.

    Archivage non qualifié, archivage conforme eIDAS et archivage qualifié : comment s’y retrouver ?

    Le règlement eIDAS v2 ne remplace pas les dispositifs existants d’archivage électronique. Il introduit un niveau de confiance supplémentaire, particulièrement pertinent pour les documents les plus engageants.

    Approche Objectif Bénéfice principal Point de vigilance
    Non qualifié Conserver les documents dans un dispositif maîtrisé Sécurisation documentaire, traçabilité, conservation organisée La force probante dépend de la qualité du dispositif et des preuves produites
    Qualifié eIDAS Bénéficier d’un service de confiance opéré par un prestataire qualifié eIDAS qui a été audité et reconnu par l’autorité de supervision compétente de son pays Présomption d’intégrité et d’origine pendant la période de préservation Le prestataire doit être inscrit comme qualifié pour ce service sur les listes de confiance eIDAS (« Trusted Lists »)

     

    Quels bénéfices pour les organisations ?

    L’archivage électronique qualifié ne se limite pas à conserver des documents dans un SAE sécurisé. Il apporte un niveau de confiance supplémentaire, fondé sur un service de confiance reconnu dans le cadre eIDAS, évalué par un organisme compétent et placé sous supervision.

    La différence essentielle avec un SAE non qualifié ne réside donc pas seulement dans les fonctions techniques d’archivage — intégrité, traçabilité, lisibilité, restitution — mais dans le cadre de confiance attaché au service et dans la reconnaissance juridique qui en découle.

    Pour les organisations, le recours à un service d’archivage électronique qualifié permet de s’appuyer sur un dispositif dont les exigences ont été vérifiées selon un référentiel européen, avec une présomption d’intégrité et d’origine des données préservées pendant la période de conservation.

    Cette reconnaissance facilite la production de preuve en cas de contrôle, d’audit ou de litige, en réduisant la charge de démonstration pesant sur l’organisation utilisatrice.

    👉Il est particulièrement pertinent pour les documents à fort enjeu juridique, réglementaire ou économique :

    • contrats signés électroniquement
    • dossiers clients, documents RH sensibles
    • actes administratifs
    • pièces justificatives
    • dossiers réglementaires
    • documents de santé
    • dossiers de souscription
    • tout document numérique dont la valeur probante doit être maintenue sur plusieurs années, y compris au-delà de la durée de validité des technologies utilisées au moment de sa création.

    Quel calendrier pour se préparer ?

    Le cadre juridique est désormais posé, mais l’écosystème opérationnel doit encore se structurer : critères d’audit, qualification des organismes d’évaluation, instruction des premières demandes et inscription des prestataires sur les listes de confiance.

    • Premiers prestataires qualifiés attendus : S2 2026 / S1 2027
    • Marché structuré : à partir de 2027

    D’ici là, il est recommandé d’anticiper en :

      • Évaluant les stratégies des prestataires
      • Intégrant ces enjeux dans les projets d’archivage
      • Préparant une montée en conformité progressive

    La position de Xelians : anticiper l’archivage électronique qualifié

    Dans le contexte d’eIDAS v2, Xelians a engagé une trajectoire visant l’obtention de la qualification pour son service d’archivage électronique.

    L’objectif est clair : permettre à ses clients de s’appuyer, à terme, sur un service d’archivage électronique qualifié, conforme au cadre européen applicable aux prestataires de services de confiance d’archivage électronique (EATSP – Electronic Archiving Trust Service Providers).

    Xelians a réalisé ses premiers audits et propose d’ores et déjà aujourd’hui à ses clients une solution d’archivage électronique Xelians Archives Management (XAM) conforme aux exigences eIDAS.

    Cette conformité constitue une étape structurante dans la trajectoire de qualification, sans préjuger de la décision finale des organismes compétents lorsque le dispositif de qualification sera pleinement opérationnel.

    Xelians privilégie une approche fondée sur la robustesse de son système d’archivage, la traçabilité, la journalisation chaînée, la maîtrise des preuves et la viabilité économique à grande échelle. Cette orientation est particulièrement adaptée aux organisations qui doivent conserver des volumes importants de documents engageants tout en garantissant leur valeur probante dans la durée.

    👉 Pour les clients, cette démarche permet d’anticiper l’évolution du marché, de sécuriser les projets d’archivage dès aujourd’hui et de préparer une transition progressive vers l’archivage électronique qualifié.

    En résumé

    Avec eIDAS v2, l’archivage électronique devient un pilier de la confiance numérique européenne. Cette évolution renforce le rôle du SAE2, des prestataires de confiance et des dispositifs de traçabilité. Elle impose également d’anticiper dès maintenant les impacts du wallet européen, de la signature électronique qualifiée et des exigences portées par CEN/TS 18170.

    Pour les documents les plus sensibles, l’enjeu n’est plus seulement de les retrouver demain. Il est de pouvoir démontrer, dans plusieurs années, qu’ils sont authentiques, intègres, lisibles et juridiquement exploitables.

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    FAQ

    1/ Qu’est-ce que l’archivage électronique qualifié ?

    L’archivage électronique qualifié est un service de confiance :

    • encadré par la réglementation européenne eIDAS v2,
    • opéré par un prestataire qualifié, autrement dit qui a été audité et reconnu par l’autorité de supervision compétente de son pays,
    • qui vise à préserver durablement les documents électroniques, leur intégrité, leur origine, leur lisibilité et les preuves associées.

    2/ L’archivage électronique qualifié est-il obligatoire ?

    Non, eIDAS v2 ne l’impose pas à tous les documents. En revanche, il apporte une présomption d’intégrité et d’origine qui renforce la sécurité juridique des documents archivés.

    Par ailleurs, la réglementation européenne eIDAS v2 définit également, outre les exigences applicables aux prestataires qualifiés, un certain nombre d’exigences qui s’appliquent aux prestataires non qualifiés.

    3/ Quel est le rôle de CEN/TS 18170 ?

    CEN/TS 18170 définit les exigences fonctionnelles applicables aux services d’archivage électronique, notamment la réception, le stockage, la restitution, la suppression, la durabilité, la lisibilité, la confidentialité, l’intégrité et la preuve de l’origine.

    4/ Pourquoi les signatures électroniques nécessitent-elles un archivage spécifique ?

    Parce qu’une signature électronique dépend de composants techniques susceptibles de devenir obsolètes : certificats, horodatages, algorithmes, formats de signature et preuves de validation. L’archivage doit préserver ces éléments dans le temps.

     

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